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Soirée orientale avec Kiran Ahluwalia et Rizwan-Muazzam

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Notre saison musique du monde, cet automne, nous amènera en Orient, plus précisément en Inde et au Pakistan. Un plateau double en fait qui rassemblera, chacun leur tour, Kiran Ahluwalia et les frères Ali Khan, mieux connus sous les prénoms Rizwan- Muazzam.

 

 Rizwan-Kiran-WEB

 

Ces derniers sont les neveux de l’illustre chanteur pakistanais, le maître incontesté du Qawwali (style musical soufi), Nusrat Fateh Ali Khan qui les a d’ailleurs tutorés à leur début de carrière. Un retour d’ascenseur peut-être puisque le père de Rizwan -Muazzam avait enseigné cette tradition à Nusrat. La boucle était donc bouclée! Je me rappelle avoir assisté, il y a 20 ans déjà, à un concert de Nusrat à Vancouver en compagnie de 15 000 personnes d’origine pakistanaise et indienne. Quel concert enivrant. Sachant que, selon la tradition, cette musique fusionne amour et dévotion, je n’étais pas surpris de voir des spectateurs en transe. Et Rizwan-Muazzam ont bien appris leur leçon puisqu’ils suivent les traces laissées par leur oncle/mentor Nusrat Fateh Ali Khan. J’avoue toutefois qu’ils ont réussi à moderniser l’approche de cette tradition vieille de 5 siècles et sur scène ils se relancent la balle faisant ainsi monter l’intensité des chants. C’est plutôt spectaculaire.

 

 

 

Il existe un lien certain avec le répertoire que propose Kiran Ahluwalia puisque ses compositions, pour la plupart des ghazals, sont aussi des chants de passion et d’amour. S’ajoutent aussi à son tour de chant, des chants folkloriques traditionnels du Penjab, ceux-là plus festifs. Ayant plongé dans des études de musique indienne classique à un très jeune âge, Kiran a poursuivi ses études auprès de son mentor, maître Rithal Roa plusieurs mois par année durant dix ans et ce même après avoir suivi ses parents au Canada. Travail bien récompensé qui lui a valu 3 nominations aux Prix Juno, en gagnant le prix de «Meilleur disque de musique du monde», naturellement. En 2009 elle fut lauréate du prix de la meilleure artiste émergente aux Prix Songlines/WOMAD d’Angleterre.

 

Ce que j’admire surtout chez Kiran, c’est son audace. Elle pétille d’idées et n’hésite pas à fusionner styles, genres et traditions. On retrouve ces métissages sur plusieurs disques d’ailleurs, mêlant par exemple le Fado portugais aux ghazals et elle ose même reprendre un grand succès de Nusrat Fateh Ali Khan ‘mustt mustt’, avec nul autre que le groupe Touareg Tinariwen. Preuve qu’elle n’a pas froid aux yeux.

 

 

En somme, une belle soirée orientale en perspective, le 2 octobre prochain, au Palais Montcalm—Maison de la Musique.

  

Dominique Soutif