Palais Montcalm

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Maison de la musique

11 décembre 2018

MassEducation : Le déshabillage de St. Vincent

Le journal de Nicolas Houle

Masseducation : Le déshabillage de St. Vincent

 

CRITIQUE D’ALBUM — Avec MassEducation, paru cet automne, St. Vincent retourne aux sources de son album Masseduction et peut-être même au-delà, déshabillant entièrement son matériel pour l’amener à des orchestrations minimalistes piano-voix.

Celle qui est née Annie Clarke n’est pas la première à faire un exercice du genre, or force est d’admettre que c’est terriblement convaincant. Là où Masseduction pouvait apparaître comme une suite logique aux albums précédents de l’Américaine, avec de nombreux points forts, certes, mais aussi des excès de réalisation ou de maniérisme trahissant un certain surplace, MassEducation vient révéler la grande qualité des compositions, de même que celle de l’interprète. Même des titres profondément pop, comme Pills, ou funky, tel Masseduction, fonctionnent à merveille.

 

 

Aux côtés de la chanteuse, Thomas Bartlett fait un excellent boulot au piano. Il propose des envolées élégantes sans ne jamais chercher à compenser pour l’absence des autres instruments. Le musicien utilise plutôt intelligemment les silences. Il se permet aussi d’étouffer les cordes pour aller chercher un son voisin du pizzicato (voir Savior, ci-haut) et s’amuse à opposer graves et aigus de façon à créer de jolis contrastes.

Chaque pièce respire particulièrement bien sur ce MassEducation et brille par ses qualités mélodiques, harmoniques et par la présence lumineuse de St. Vincent derrière le micro. Visiblement, l’artiste démontre ici que derrière le côté sucré de son plus récent album se cachait une indéniable profondeur.

 

 


Un texte de Nicolas Houle. Publié le 11 décembre 2018.