Documentaires musicaux De la musique plein l’écran

26 mars 2020

Catégorie Le Journal de Nicolas Houle
Types Liste d'écoute
Écrit par : Nicolas Houle

De la musique plein l’écran

Vous en avez mare des téléséries que vous écoutez en rafale? Vous avez envie d’écouter de la musique mais aussi de regarder l’écran, dans le confort de votre sofa? Alors il est plus que temps de visionner des documentaires musicaux. Je vous en propose sept incontournables, tous styles de musique confondus.

 

Beware of Mr. Baker

https://www.youtube.com/watch?v=wqrigN8jxj8

Tout au long de sa vie, Ginger Baker semble s’être appliqué à démontrer que génie et folie étaient de proches voisins. Y compris lors du tournage de cet excellent documentaire: il faut le voir frapper le cinéaste Jay Bulger en plein visage, à l’aide de sa canne, en ouverture, pour réaliser à quel point le batteur de Cream était imprévisible… On assiste donc aux hauts et aux bas du défunt musicien, tandis que le principal intéressé – alors installé en Afrique du Sud – évoque son passé, refusant parfois de répondre à certaines questions, grognant sur d’autres… Très réussi.

 

Muscle Shoals

C’est dans la petite ville de Muscle Shoals, le long de la rivière Tennessee, en Alabama, que sont nées quelques-unes des chansons les plus marquantes de la soul, du r’n’b et du rock. Derrière ces pièces, on trouve Rick Hall et son légendaire studio Fame, auxquels on attribue ce son unique, mais aussi les musiciens des Swampers, qui vont éventuellement laisser Hall pour lui faire compétition avec leur propre studio. La petite histoire de Hall, faite de moments tragiques, nous est racontée ici autant que la manière dont Noirs et Blancs faisaient équipe en période de ségrégation raciale, sans oublier les enregistrements incroyables d’artistes comme Percy Sledge, Aretha Franklin ou The Allman Brothers.

 

When You’re Strange

Le parcours de Jim Morrison et des Doors a fait l’objet de bien des films ou documentaires, mais personne, pas même Oliver Stone, n’avait sur traduire les années intenses de créativité et de débauche propres à la formation américaine sans sombrer dans les clichés ou les raccourcis. Avec la complicité de Johnny Depp à la narration, le réalisateur Tom Dicillo a décidé de relater cette histoire, qui s’étend de 1965 à 1971, en ne s’appuyant que sur des documents d’archives – séquences en spectacle, segments en studio, films personnels. En résulte un excellent portait, nuancé, qui confère un visage humain au roi Lézard et à ses trois complices.

 

Jazz

https://www.youtube.com/watch?v=6yudbGX95iw

Quand le réalisateur Ken Burns s’attaque à un sujet, il le fait en creusant à fond, avec une foule de spécialistes et n’hésite pas à y consacrer de nombreuses heures afin d’explorer toutes les facettes de ce qui l’intéresse, historique, sociale ou autre. Jazz, véritable mini-série en 10 épisodes, illustre très bien cette approche. On retourne aux sources du genre, on plonge dans les décennies marquantes et on s’attarde aux musiciens incontournables, dont Louis Armstrong, Billie Holiday et Miles Davis. Afin de traiter pleinement de certains périodes et pour des raisons idéologiques, Burns a cependant laissé de côté plusieurs branches du genre, ainsi que toutes les générations post-années 1970, ce qui est hautement discutable, mais il reste que ce qui est couvert l’est de manière exemplaire.

 

Rush Beyond The Lighted Stage

Les réalisateurs Sam Dunn et Scot McFadyen, à qui l’on doit entre autres Metal: A Headbanger’s Journey (2005) et Iron Maiden: Flight 666 (2009) s’intéressent ici à l’histoire du groupe Rush en compagnie d’une foule de personnalités dont Billy Corgan Jack Black, Trent Reznor, Kirk Hammett et Gene Simmons. On observe le parcours du trio des débuts à aujourd’hui en remontant jusqu’à l’enfance des membres. D’abord, cette amitié entre deux enfants d’immigrants (Geddy Lee, Alex Lifeson), puis l’ascension de leur formation, fruit d’une grande détermination, suivie de l’arrivée d’un comparse aussi doué que réservé: Neil Peart. Tout y passe: le succès, la teneur des textes, l’intérêt pour la technologie, la voix aiguë de Lee et la tragédie qu’a vécue feu le batteur Neil Peart: la mort de sa fille dans un accident de voiture, en 1997, suivie de celle de sa femme, 10 mois plus tard, du cancer. Un documentaire de passionnés pour passionnés.

 

Harmonium en Californie

En 1978, bien avant que Céline Dion ne parte à la conquête des États-Unis, la formation québécoise Harmonium débarquait en Californie, l’espace de quelques spectacles prévus à l’Université Berkeley, à San Francisco, ainsi qu’au Marquees Club de Los Angeles. Aux côtés des musiciens se trouvait le cinéaste Robert Fortier, qui a documenté ce périple mouvementé, ponctué de bons, mais aussi de moins bons moments, interrogeant fans et spécialistes sur les possibilités de succès du groupe aux États-Unis. Trente minutes durant – oui, c’est un peu court – on plonge dans l’atmosphère de l’époque et on est témoin des rêves et des désillusions de la formation qui avait vraiment une carrière internationale à sa portée.

 

32 films brefs sur Glenn Gould

32 films brefs sur Glenn Gould offre un portrait atypique du pianiste virtuose canadien. Reprenant la structure des Variations Goldberg de Bach, l’une des œuvres que Gould a interprétées et enregistrées plus d’une fois de manière géniale, le réalisateur François Girard revoit des éléments-clé de son cheminement et de sa personnalité. L’acteur Colm Feore campe Gould dans certaines séquences, d’autres se veulent davantage impressionnistes et d’autres, encore, sont offertes dans un format plus près du documentaire, des musiciens et des proches parlant de lui. Et bien sûr, hormis quelques rares passages, c’est ce sont des interprétations musicales de Gould qui sont mises en valeur dans la bande sonore.

 

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Image de couverture : 32 films brefs sur Glenn Gould

 


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