La liste du Palais Six albums "live" comme si vous y étiez

5 mai 2020

Catégorie Le Journal de Nicolas Houle
Types Liste d'écoute
Écrit par : Nicolas Houle

Six albums

Ils ne sont peut-être plus aussi courants qu’à une certaine époque, mais les albums live n’ont cependant rien perdu de leur pertinence, témoignant du parcours des artistes et de leur habilité à transcrire leur univers sur scène. Sous les projecteurs, certains restent fidèles aux versions studio de leur matériel, tout en leur insufflant une formidable énergie, tandis que d’autres choisissent d’apporter leurs pièces ailleurs. Voici six albums live qui méritent votre attention.

 

Gov’t Mule et John Scofield, Sco-Mule

«Gov’t Mule a enregistré des albums formidables en studio comme Life Before Insanity ou Revolution Come… Revolution Go, mais la troupe de Warren Haynes est d’abord et avant tout une formation live. Loin de se limiter au rock sudiste de ses racines ou à ses propres compositions, la troupe s’amuse, bon an mal an, à faire des jams avec des artistes de renom ou à revoir de grands répertoires qui vont du reggae aux airs planants de Pink Floyd ou à ceux plus mordants des Rolling Stones. En 1999, la bande s’associait au jazzman John Scofield pour une série de concerts des plus rafraîchissants, démontrant une fois de plus sa grande ouverture stylistique. Scofield et les Mule font équipe de manière magistrale dans ce concert qui compte des titres originaux et des reprises variées. Sco et Warren Haynes dialoguent intelligemment à la six cordes, le claviériste Dr Dan Matrazzo fait un boulot exemplaire, tandis que feu Allen Woody y va de sa touche unique à la basse et que Matt Abts à la batterie affiche une incroyable polyvalence. Un album remarquable, qui incarne bien la magie propre aux performances live.» — Nicolas Houle

Écouter Sco-Mule sur Spotify et Apple Music.

 

Deep Purple, Made in Japan

«Il s’agit ici du premier de nombreux albums live à utiliser le fameux «Made In…». Enregistré sur trois soirs au mythique amphithéâtre Budokan au mois d’août 1972 durant la tournée de l’album Machine Head, Deep Purple nous envoie directement au visage une dose pure de rock énergique où l’improvisation et la virtuosité des membres du groupe sont mises à l’avant-plan. On parle d’un album double avec 7 chansons interprétées à leur  maximum et surpassant souvent les versions originales. Highway Star en ouverture est tout simplement électrique et donne le ton. Suivront par la suite, Child In Time avec un Ian Gillan poussant sa voix au maximum, avec des cris hauts perchés donnant des frissons et l’hymne Smoke On The Water. Ça se poursuit avec Ian Paice (batterie) qui nous fait la démonstration de pourquoi il est l’un des meilleurs de sa profession sur The Mule. Strange Kind Of Woman fait lever le public qui s’en donne à cœur joie en tapant des mains durant les échanges entre Gillan et Ritchie Blackmore (guitare). Dans le dernier droit, le groupe nous offre une Lazy avec une introduction de Jon Lord (claviers) digne d’un film de science-fiction. Blackmore est tout simplement en feu et nous sert des solos inspirés! Les dernières 20 minutes sont consacrées à Space Truckin’ qui maintient la pédale au plancher et vient confirmer pourquoi nous avons eu droit au meilleur album live de tous les temps!» — Simon Gagnon

Écouter Made In Japan sur Spotify et Apple Music.

 

Charlebois, Leclerc et Vigneault, J’ai vu le loup, le renard, le lion

«Du 13 au 24 août 1974, les villes de Québec et de Sainte-Foy étaient animées par le Festival international de la jeunesse francophone, la Superfrancofête. Lors de la soirée d’ouverture sur les plaines d’Abraham, plus de 120 000 spectateurs ont assisté à un concert historique, où Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois se partageaient la scène. J’ai vu le loup, le renard, le lion est une précieuse compilation des œuvres marquantes de notre répertoire national.» — Francis Patenaude

Écouter J’ai vu le loup, le renard, le lion sur Spotify et Apple Music.

 

Nirvana, MTV Unplugged in New York

«L’intégralité du concert a été enregistré en une seule prise dans les studios de Sony Music à New York, quelques mois seulement avant le décès du chanteur Kurt Cobain. L’album acoustique se démarque par le son beaucoup plus doux que celui auquel nous a habitué le groupe de Seattle. La présence des reprises de The Man Who Sold the World (David Bowie) et Where Did You Sleep Last Night (Leadbelly), la participation de la violoncelliste Lori Goldston (Black Cat Orchestra) et le fait qu’il soit paru à titre posthume en font vraiment un album unique.» — Claudie Lapointe

Écouter MTV Unplugged in New York sur Spotify et Apple Music.

 

The Doors, Absolutely Live

«Avec un Jim Morrison imprévisible derrière le micro, fruit d’une malheureuse autodestruction, les Doors ont offert, sur scène, le meilleur et le pire. Leur réalisateur, Paul A. Rothchild, bien connu pour son perfectionnisme, a donc décidé de non seulement enregistrer de nombreux concerts, afin de trouver les meilleures performances, mais s’est même permis – oh, sacrilège! – de découper certaines performances et d’en recoller des segments afin d’en tirer le spectacle parfait. Pour être honnête, les Doors à leur meilleur n’avaient pas besoin d’un tel montage, mais il reste que Rothchild a réussi un tour de force. On a sur Absolutely Live l’énergie brut du groupe, son amour pour l’improvisation (une version revue de Break On Through) et le blues (Build Me A Woman), des pièces qu’on ne retrouve pas en album (superbe Universal Mind), les envolées poétiques typiques de Jim ainsi que l’épique Celebration of the Lizard, rendue à merveille. Les puristes pourront toujours se tourner vers des albums posthumes comme Live In Pittsburgh 1970 pour entendre une performance complète, sans la moindre intervention, or ce Absolutely Live demeure un plaisir indémodable pour les oreilles. Et puis il ne faut pas se le cacher: nombre d’artistes ne se gênent pas pour retravailler leurs enregistrements live, mais se gardent bien de le dire…» — Nicolas Houle

Écouter Absolutely Live sur Spotify et Apple Music.

 

Charlebois, Deschamps, Ferland, Léveillée et Vigneault, 1 fois 5

«La Fête nationale de 1976 a permis de rassembler pour la première fois les grands Robert Charlebois, Yvon Deschamps, Jean-Pierre Ferland, Claude Léveillée et Gilles Vigneault. 1 fois 5, c’est le témoignage musical d’un peuple et d’une culture en pleine ébullition. Au moment d’enregistrer cet album, Gens du pays célébrait son premier anniversaire de création et René Lévesque se préparait à devenir premier ministre. Une époque fascinante!» — Francis Patenaude

Écouter 1 fois 5 sur Spotify et Apple Music.

 

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