Murray A. Lightburn 25 ans de sombre romance avec The Dears

26 février 2021

Catégorie Le Journal de Nicolas Houle
Types Entrevue, Programmation, Vidéo
Écrit par : Nicolas Houle

25 ans de sombre romance avec The Dears

Si la pandémie n’était pas venue jouer les trouble-fête, l’année 2020 en aurait été une de célébration pour The Dears: non seulement la formation montréalaise lançait un nouvel album, l’excellent Lovers Rock, mais elle soufflait ses 25 bougies. Qu’à cela ne tienne, la troupe de Murray Lightburn se reprendra le 6 mars prochain avec un concert capté au Palais Montcalm et transmis en webdiffusion, où elle sera accompagnée d’un quatuor à cordes.

«Gimme Corona…» chantait Lightburn sur la bien-nommée Expect The Worst, en 2003. Il était loin de se douter que, 18 ans plus tard, son envolée prendrait une toute autre signification… Il raconte d’ailleurs qu’un de ses amis lui a envoyé un message texte en complétant sa phrase pour en faire «Gimme Corona… virus?». Une blague, qui conférait à la chanson une nouvelle résonance… «C’est horrible! Pauvre bière Corona, c’est tellement étrange d’avoir ce mot utilisé de deux manières différentes», se désole le chanteur…

Murray A. Lightburn

Le temps d'une chanson

Rencontrez Murray A. Lightburn… le temps d’une chanson.

Une trame sonore pour la pandémie

L’album No Cities Left, sur lequel on retrouve justement Expect the Worst, est devenu l’un des classiques des Dears. Conçu au lendemain 11 septembre, il était habité d’un sentiment de tragédie. Avec le recul, Lightburn constate que le récent Lovers Rock est un proche parent de No Cities Left. On y trouve effectivement la même atmosphère de fin du monde. Or durant l’écriture et durant la conception, le leader et ses comparses n’avaient bien sûr aucune idée qu’une pandémie les attendait et qu’ils étaient en train d’écrire une trame sonore sur mesure pour la période actuelle…

«Je ressentais l’imminence de ce destin tragique autour de Lovers Rock, confie Lightburn. Je ne sais pas si c’était une prémonition ou une intuition de ce que nous vivons maintenant, mais quand nous avons fait No Cities Left, on était dans l’après 11 septembre et on était dans le même état d’esprit, ce sentiment de tragédie, d’être terrifié que, soudainement, ce puisse être la fin.»

Jamais à la mode, jamais démodé

Comme la plupart de leurs comparses, les Dears ont dû se contenter d’un nombre limité d’apparition en raison pandémie. En fait, le concert du 6 mars sera le premier depuis la sortie de Lovers Rock où la formation complète, qui compte, outre Lightburn, Natalia Yanchak (claviers, voix), Jeff Luciani (batterie), Steve Raegele (guitare) et Rémi-Jean LeBlanc (basse) montera sur les planches. Ce sera l’occasion pour les Montréalais de partager le nouveau matériel, mais aussi de plonger dans les titres de leurs 25 ans d’existence.

Murray Lightburn l’avoue: au fur et à mesure que le temps passe, il devient complexe de déterminer quelles pièces du répertoire conserver et quelles laisser de côté. En fait, le groupe jongle même à insérer des medleys, manière Las Vegas, question de ratisser plus large, costumes en paillettes en moins!

«Nous essayons habituellement de toucher à différentes périodes des Dears quand nous jouons, mais je crois que cette fois nous irons davantage en profondeur et nous nous attarderons davantage à jouer les «grands succès», précise le chanteur. Je suis sûr que les mordus du groupe souhaiteraient entendre telle ou telle chanson, mais parfois ce n’est pas une bonne idée de condenser [trop fortement] 25 ans de musique en une seule soirée. […] Je crois qu’on est à la frontière de se demander si on fait de longs spectacles ou pas…»

D’un médium à l’autre

Quand il regarde le chemin parcouru, Lightburn s’étonne parfois que sa troupe soit toujours active dans ce milieu en perpétuel changement. Il rappelle qu’à leurs débuts, Les Dears étaient à cogner aux portes des maisons de disques afin de partager des maquettes sous forme de cassette. Par la suite, ils ont vu, à chacune de leur parution, le milieu se transformer, en particulier sur le plan numérique: le MP3 a succédé au CD, il y a eu l’arrivée de sites de téléchargements comme Napster, d’abord illégaux, puis légaux, le développement des réseaux sociaux et l’arrivée de la musique en ligne…

«Je crois que ce dont je suis le plus fier, c’est de la manière dont nous avons réussi à naviguer dans un milieu musical constamment en changement et, en quelque sorte, d’être toujours debout. Je pense que si nous étions un groupe qui avait débuté il y a quelques années, nous n’aurions pas été capables de survivre…»

S’inscrire dans le temps

N’empêche, passer 25 ans à créer et à sillonner les routes avec une formation qui évolue en marge des courants au goût du jour et qui se produit souvent dans les boîtes de nuits n’est pas un boulot toujours évident. À la veille de ses 50 ans, Lightburn se considère comme un soldat des «nightclubs», qui ne compte plus les cicatrices, mais qui a survécu. Ce qui ne l’empêche pas d’être encore tenaillé par les doutes et même de songer à des vies parallèles, s’imaginant se lancer dans un travail de concepteur artistique ou alors de boulanger et de pizzaiole, œuvrant dans un petit village reculé…

Mais bien sûr, là où Lightburn et sa bande excellent, c’est à partager leur unique formule de rock indépendant, qui s’inscrit dans le temps et qui trouve écho bien au-delà des frontières canadiennes. Un répertoire solide, que la troupe conçoit justement pour qu’il résiste à l’usure du temps et qui brillera de tous ses feux, avec l’ajout d’un quatuor à cordes. Un autre 25 ans des Dears pointe-t-il à l’horizon?

«Comme je dis souvent, nous ne sommes pas faits pour être un groupe contemporain, dans l’air du temps. On ne fait pas d’albums qui sont «tendance», on ne parle de sujets qui sont «tendance»… On prend notre boulot au sérieux et travaille sur nos albums pour qu’ils restent sur les rayons pour toujours. […] Dans 100 ans, tout ce qui est sur un album des Dears pourrait être pertinent.»


Le concert 25 ans avec The Dears sera diffusé le 6 mars 2021, à 20h, au Palais Montcalm et pourra être vu où que vous soyez grâce à la diffusion Web. Vous pourrez y assister en direct ou, si vous préférez, en rediffusion à compter de 12h le lendemain, et ce, jusqu’au 6 juin 2021.

Fan de musique? Suivez-nous!

Facebook YouTube

 

Un texte de Nicolas Houle. Retour au Journal de Nicolas Houle >

 


Ce soir

19 H

IAN KELLY

Long Story Short

En salle + En webdiffusion

Le public est de retour

au Palais Montcalm!

Enfin ensemble

en salle et en webdiffusion