Paul Piché Redécouvrir Sur le chemin des incendies

25 novembre 2020

Catégorie Le Journal de Nicolas Houle
Types Entrevue, Les Concerts improbables, Programmation, Vidéo
Écrit par : Nicolas Houle

Redécouvrir Sur le chemin des incendies

En 1988, Paul Piché signait avec l’album Sur le chemin des incendies bien plus qu’un immense succès, qui allait s’écouler à près de 200 000 copies, il enrichissait la chanson québécoise de quelques-uns de ses refrains les plus mémorables. Quelque trente ans plus tard, soit le 27 novembre, le chanteur montera sur les planches du Palais Montcalm le temps d’un concert web afin de célébrer cet enregistrement mythique, sur lequel on retrouve les J’appelle, Un Château de Sable, Car je t’aime et autres Sur Ma peau.

On se rappelle tous du Paul Piché un peu bohème des débuts, qui arborait une barbe généreuse et qui, armé de sa guitare, entonnait les Mon Joe et autres Y’a pas grand chose dans le ciel à soir. Or au lendemain du référendum de 1980, la chanson québécoise a connu des temps difficiles et les artistes de la décennie 1970 ont dû apprendre à se réinventer. Piché est de ceux qui y sont parvenu. Sans tourner le dos à ses racines, l’auteur-compositeur-interprète a amorcé un virage, dotant au passage ses compositions d’une modernité nouvelle, où la pop et le rock sont venus s’intégrer à la folk.

«J’avais une image très folk, très précise, mais j’ai toujours été ouvert à toutes les musiques, souligne Paul Piché. Déjà, dans l’album L’Escalier, c’était plus «chanson française». J’explorais un peu de tout et je ne reniais rien. Après, avec le troisième album, c’était plus rock avec Les Pleins, des chansons comme ça. Ensuite, avec Nouvelle d’Europe, c’était plus les synthétiseurs. J’étais toujours dans l’exploration, je n’avais pas de plan de carrière, pas d’image à défendre, alors je m’amusais à explorer et à exprimer des émotions. »

Paul Piché

Le temps d'une chanson

Rencontrez Paul Piché… le temps d’une chanson.

Un appel environnemental

Or lorsqu’est venu le temps de donner forme à Sur le chemin des incendies, des choses se sont précisées. Piché avait une meilleure idée de ce qu’il recherchait et, pour la première fois, il a pris le rôle de réalisateur. Qui plus est, il avait dans sa besace des compositions particulièrement solides, s’appuyant sur des textes finement ciselés et des thématiques qui sont encore d’actualité aujourd’hui, comme l’amour et le désamour, mais aussi la haine ou, encore, l’environnement avec J’appelle, qui figure parmi les premières complaintes du genre. Fait intéressant, il y offre le point de vue de l’animal: «L’eau qui ruisselle après la pluie n’a plus le même goût/N’écoutez pas ce que j’en dis, je ne suis qu’un loup».

«À l’époque, l’environnement, c’était lié aux gens qui aimaient la nature, on n’avait pas une préoccupation globale, observe-t-il. Même moi, personnellement, si j’ai eu l’implication environnementale assez précoce, c’est parce que j’aimais la nature, parce que moi-même je suis un peu un loup. J’aime la nature, j’aime la forêt, j’ai besoin de ça, c’est un peu ce que j’exprimais. À ce moment là, on défendait les espaces verts […] on voulait protéger la nature; on n’avait pas encore la conscience globale d’un problème planétaire…» 

Accouchement difficile

C’est justement avec J’appelle que s’ouvre Sur le chemin des Incendies, un album qui a trouvé son titre lorsqu’un soir un chauffeur de taxi a suggéré à Piché d’emprunter le Chemin des incendies. Ce nom, qu’il a trouvé poétique, s’est retrouvé dans le texte de la chanson Étrange et cadrait bien avec ce projet, dont l’accouchement a été ardu. Il est en effet arrivé plus d’une mésaventure: le feu a littéralement pris en studio et Piché s’est ruiné au plan financier pour tenter de boucler l’ensemble… Or il a persévéré et sa patience a payé, puisque le succès a été au rendez-vous et plusieurs pièces, même celles auxquelles certains ne croyaient pas, comme la balade Car je t’aime, ont tourné abondamment dans les différentes chaînes radio.

Paul Piché

L'entrevue complète

Une rencontre avec Nicolas Houle, directeur de la programmation du Palais Montcalm

Deux châteaux de sable

Parmi les particularités de l’album, on retrouve deux chansons qui ont la même amorce: Je lègue à la mer et Un château de sable: «Je lègue à la mer un château de sable / Un ruisseau creusé à même une fable.» Piché avait commencé à travailler sur un poème philosophico-existentialiste puis, estimant qu’il était trop complexe pour en tirer une chanson, l’avait d’abord mis de côté. Or les premières lignes lui revenaient tant et si bien qu’elles se sont retrouvées toutes deux sur des musiques de Rick Haworth. La première a pris une côté davantage introspectif et existentiel, la seconde un aspect lié au peuple, à la culture et à la mémoire, devenant un air nationaliste.

«Je lègue à la mer un château de sable ça veut dire que c’est tellement éphémère, la vie, ce qu’on est, ça ne dure pas, ça passe, tout passe, mais il faut faire notre château le plus beau possible, explique Paul Piché. Et même s’il est emporté par la mer, il existera toujours, pour l’éternité, peu importe ta vision, croyant ou non. Ton château de sable, il n’y aura rien qui empêchera qu’il aura existé. Donc il y a une sorte d’éternité là dedans que la mer emporte et je trouvais que ça s’appliquait aussi pour les peuples, pour les différences, pour les individus.»

Un retour au Palais Montcalm

On pourrait encore parler longtemps de la richesse et de la profondeur de l’album, qui abrite d’autres perles comme Le temps d’aimer, où Piché pose son regard sur l’enfance (Le temps d’aimer / Je lasse un soulier / Je vois courir un garçon), mais qui de mieux placé que le principal intéressé pour le faire? En effet, en plus d’interpréter toutes les chansons de Sur le chemin des incendies, de même que quelques autres classiques et une toute nouvelle composition, l’artiste prendra le temps de partager de nombreuses anecdotes sur la genèse de l’album. Il sera entouré d’une solide équipe de musiciens, dont ses complices de longue date, le guitariste Rick Haworth et le bassiste Mario Légaré.

Ce concert web, accessible partout au Québec et même à l’étranger, marquera le grand retour de Paul Piché au Palais Montcalm après 35 ans! En effet, le chanteur s’y était produit les 3 et 4 novembre 1978, les 11 et 12 mars 1983 et le 15 mars 1985… Donc il n’avait pas eu la chance d’y présenter Sur le chemin des incendies, ce qu’il pourra, en quelque sorte, corriger…

«Peut être que j’avais un préjugé favorable envers cette salle là parce que je savais que Jacques Brel avait chanté au Palais Montcalm. C’est là qu’il débarquait quand il arrivait à Québec et ça, ça me touchait quand j’allais là. […] C’est une salle que j’adore et qui m’inspire beaucoup. Merci de m’inviter pour aller parler de cet album là, ça ne peut pas être mieux qu’à cet endroit-là!»

Le concert de Paul Piché sera capté le 27 novembre 2020, à 20h, au Palais Montcalm et pourra être vu où que vous soyez grâce à la diffusion Web. Vous pourrez y assister en direct ou, si vous préférez, en rediffusion à compter de 12h, le lendemain et ce, pour une durée d’une semaine.

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